En pratique, un divorce par consentement mutuel sans complexité particulière se déroule le plus souvent entre quatre et huit mois, entre le premier rendez-vous avec l’avocat et le dépôt de la convention chez le notaire. Ce délai n’est ni garanti ni figé : la loi impose un délai de réflexion incompressible, mais la véritable durée dépend surtout du patrimoine à liquider, de la présence d’enfants et de la rapidité avec laquelle chaque époux réunit ses pièces. Nous détaillons ci-dessous, mois par mois, ce qui se passe réellement dans un dossier de divorce amiable, ainsi que les facteurs qui accélèrent ou, au contraire, allongent la procédure.

Sommaire

  • La durée moyenne d’un divorce amiable en France
  • Les délais légaux incompressibles fixés par le Code civil
  • Calendrier réel, mois par mois : du premier rendez-vous à l’homologation
  • Les facteurs qui font varier la durée d’un dossier à l’autre
  • Patrimoine, immobilier et liquidation : le facteur qui allonge le plus souvent le délai
  • Présence d’enfants : quel impact sur le calendrier du divorce amiable
  • Peut-on accélérer un divorce amiable ? Ce qui dépend de vous, ce qui n’en dépend pas
  • Divorce amiable devant notaire ou par voie judiciaire : quelle procédure pour quel délai
  • Le déroulement du divorce par consentement mutuel judiciaire, lorsque le juge doit intervenir
  • Ce que confirme la jurisprudence sur la convention et les délais
  • Notre position
  • Questions fréquentes
  • La durée moyenne d’un divorce amiable en France

    Le divorce amiable, techniquement appelé divorce par consentement mutuel, est présenté depuis la réforme de 2017 comme la procédure la plus rapide pour divorcer. C’est globalement exact, mais le mot « rapide » mérite d’être précisé, car il masque des situations très différentes.

    Dans les dossiers que nous traitons au cabinet, la durée moyenne se situe entre quatre et huit mois lorsque les époux sont réellement d’accord sur tous les points : partage des biens, sort du logement, pension alimentaire, garde des enfants s’il y en a. Ce délai comprend :

  • le temps de la première consultation et de la constitution du dossier,
  • la négociation et la rédaction de la convention,
  • le délai de réflexion légal,
  • la signature,
  • le dépôt chez le notaire et l’enregistrement.
  • À l’inverse, certains dossiers présentés comme « amiables » au départ prennent douze à dix-huit mois, voire davantage, lorsque le patrimoine comprend un bien immobilier à évaluer, une entreprise, ou lorsque l’un des époux change d’avis en cours de négociation. La durée d’un divorce amiable n’est donc jamais une donnée automatique : elle dépend de la complexité réelle du dossier et de la rapidité de chacun à produire les pièces demandées.

    Il faut également distinguer la durée de la procédure de divorce amiable de celle d’un divorce contentieux devant le juge aux affaires familiales, qui se compte en années dans de nombreux tribunaux judiciaires. La comparaison explique pourquoi le consentement mutuel reste, pour les couples qui parviennent à un accord, la voie la plus rapide de notre droit de la famille.

    Les délais légaux incompressibles fixés par le Code civil

    Le divorce par consentement mutuel est encadré par les articles 229-1 à 229-4 du Code civil, issus de la loi du 18 novembre 2016 et de son décret d’application. Comprendre ces textes permet d’anticiper le calendrier réel, plutôt que de se fier à des promesses de délais irréalistes.

    L’article 229-1 du Code civil (divorce par consentement mutuel) pose le principe : les époux peuvent constater d’un commun accord la rupture du mariage et ses effets par une convention sous signature privée contresignée par avocats, déposée au rang des minutes d’un notaire. Ce mécanisme, purement conventionnel, ne passe plus devant le juge aux affaires familiales, sauf si un enfant mineur demande à être entendu.

    L’article 229-3 du Code civil précise le contenu obligatoire de la convention : identité des époux, accord sur la rupture, modalités de liquidation du régime matrimonial, montant et modalités de la prestation compensatoire éventuelle, sort des enfants. L’article 229-4 du Code civil, lui, fixe un point souvent méconnu des justiciables : un délai de réflexion incompressible de quinze jours entre la réception, par chaque époux, du projet de convention envoyé en recommandé avec accusé de réception par son avocat, et la signature de cette convention. Ce délai ne peut pas être raccourci, même si les deux époux sont pressés et parfaitement d’accord.

    Ce point est essentiel pour comprendre pourquoi un divorce amiable ne se signe jamais « du jour au lendemain » : entre la première version stabilisée de la convention et sa signature, quinze jours pleins doivent s’écouler. C’est un plancher légal, pas une moyenne.

    Une fois la convention signée par les deux époux et leurs avocats respectifs, elle doit être déposée au rang des minutes d’un notaire dans un délai de sept jours pour produire ses effets, conformément aux dispositions combinées des articles 229-1 et 229-3 du Code civil. Le notaire contrôle uniquement le respect des exigences formelles ; il ne rejuge pas l’accord sur le fond.

    Ces délais légaux n’incluent ni le temps de négociation en amont, ni le temps de rédaction de la convention, ni le délai d’obtention d’un rendez-vous chez le notaire, qui varie selon les études et les périodes de l’année. C’est ce que le calendrier ci-dessous permet de visualiser.

    Calendrier réel, mois par mois : du premier rendez-vous à l’homologation

    Voici, à titre indicatif et sans valeur de garantie, le déroulé que nous observons le plus fréquemment dans un dossier de divorce amiable sans contentieux majeur.

    | Mois | Étape | Ce qui se joue |

    |—|—|—|

    | Mois 1 | Première consultation, choix de l’avocat, dépôt du dossier | Recueil des pièces, accord de principe sur les grandes lignes |

    | Mois 2 | Négociation et rédaction de la convention | Répartition des biens, prestation compensatoire, sort des enfants |

    | Mois 3 | Envoi du projet, délai de réflexion de 15 jours | Chaque époux relit seul, avec son propre avocat |

    | Mois 4 | Signature de la convention | Contresignature par les deux avocats |

    | Mois 4-5 | Dépôt chez le notaire | Enregistrement, date certaine du divorce |

    | Mois 5-8 | Formalités post-divorce | Mention sur les actes d’état civil, partage effectif |

    Mois 1 : le dépôt du dossier

    Tout commence par la première consultation. Chaque époux doit être assisté de son propre avocat : c’est une exigence légale du divorce par consentement mutuel, destinée à garantir que le consentement de chacun est éclairé et libre, et non pas une simple formalité administrative. Lors de ce premier rendez-vous, l’avocat recueille les informations patrimoniales (comptes, immobilier, crédits), familiales (enfants, résidence) et vérifie qu’il n’existe pas de désaccord de fond susceptible de faire dérailler la procédure amiable.

    Dans les dossiers que nous traitons au bureau, cette étape prend en moyenne trois à quatre semaines, le temps que chaque époux réunisse ses relevés de comptes, ses titres de propriété, ses bulletins de salaire et, le cas échéant, les documents relatifs à ses crédits en cours.

    Mois 2-3 : la rédaction de la convention

    C’est l’étape la plus déterminante pour la durée globale. La rédaction de la convention de divorce nécessite d’arrêter, point par point, le partage des biens, l’éventuelle prestation compensatoire prévue par l’article 271 du Code civil (prestation compensatoire), la répartition de l’autorité parentale, la résidence des enfants et la contribution à leur entretien. Lorsque les deux avocats échangent des projets successifs, chaque aller-retour rallonge le calendrier de quelques jours à quelques semaines.

    Mois 3-4 : le délai de réflexion et la signature

    Une fois le projet stabilisé, il est envoyé par lettre recommandée à chaque époux. Le délai de réflexion de quinze jours prévu par l’article 229-4 du Code civil commence à courir à réception. C’est seulement à l’issue de ce délai que la signature peut intervenir, en présence des deux avocats.

    Mois 4-5 : le dépôt chez le notaire

    La convention signée doit être déposée au rang des minutes d’un notaire dans les sept jours. Le notaire vérifie la régularité formelle de l’acte et lui donne force exécutoire et date certaine. C’est cette date de dépôt qui marque, juridiquement, le moment du divorce.

    Mois 5 à 8 : les formalités post-divorce

    Le divorce doit ensuite être mentionné sur les actes d’état civil des époux, et le cas échéant sur le livret de famille. Lorsque la convention prévoit la vente d’un bien immobilier ou le rachat de soulte, ces opérations se déroulent après le divorce et peuvent, à elles seules, prendre plusieurs mois supplémentaires.

    Les facteurs qui font varier la durée d’un dossier à l’autre

    Plusieurs facteurs expliquent pourquoi deux couples engageant un divorce amiable la même semaine peuvent finir leur procédure à des mois d’écart.

    La rapidité de chaque époux à produire ses pièces. C’est, en pratique, le facteur le plus fréquent de retard. Un époux qui met plusieurs semaines à transmettre un relevé de compte ou un titre de propriété bloque toute la chaîne, même si l’avocat est disponible immédiatement.

    Le nombre d’allers-retours sur la convention. Plus les points de désaccord sont nombreux au départ, plus il faut de versions successives avant d’aboutir à un texte que les deux parties acceptent de signer.

    La disponibilité des avocats et du notaire. Un cabinet surchargé ou une étude notariale prise dans une forte activité immobilière peut allonger de plusieurs semaines les délais de rendez-vous, sans que cela reflète une difficulté du dossier lui-même.

    La complexité patrimoniale. Un couple locataire, sans enfant, avec des comptes séparés, ira presque toujours plus vite qu’un couple propriétaire d’un bien immobilier commun, avec une entreprise ou un contrat d’assurance-vie à liquider.

    La présence d’enfants et leur souhait éventuel d’être entendus. Nous y revenons plus bas.

    Le changement d’avis d’un époux pendant le délai de réflexion. Ce cas reste minoritaire, mais il existe : lorsqu’un époux revient sur un point accepté initialement, la convention doit être retravaillée et le délai de réflexion recommence à courir depuis le nouvel envoi.

    Camille\*, 39 ans, cadre commerciale. Camille et son époux avaient entamé un divorce amiable persuadés que tout irait vite : pas d’enfant, deux salaires comparables. La procédure a pourtant duré près de dix mois, parce que le bien immobilier commun, acheté dix ans plus tôt, devait être évalué avant que la convention puisse fixer le montant de la soulte due par l’un à l’autre. Le blocage n’a jamais porté sur le principe du divorce, mais sur le chiffrage de la valeur du bien, retardé par l’attente d’un rapport d’expertise. Ce cas illustre un point que nous observons régulièrement : ce n’est presque jamais le désaccord sur le divorce lui-même qui allonge le dossier, mais le temps nécessaire pour chiffrer et documenter le patrimoine.

    Patrimoine, immobilier et liquidation : le facteur qui allonge le plus souvent le délai

    Dans notre pratique, la liquidation du régime matrimonial est, de loin, le poste qui explique le plus d’écarts entre un divorce amiable bouclé en quatre mois et un dossier qui s’étire sur plus d’un an.

    Le bien immobilier commun

    Lorsque les époux sont propriétaires, la convention doit soit prévoir la vente du bien avec partage du prix, soit organiser le rachat de la part de l’un par l’autre (la soulte), soit maintenir une indivision temporaire. Chacune de ces options suppose une évaluation du bien, parfois contradictoire entre les époux, ce qui peut nécessiter l’intervention d’un agent immobilier ou d’un expert. Sur des biens dont la valeur se situe entre 150 000 € et plus de 500 000 € selon les marchés locaux, un écart d’évaluation de quelques pourcents peut suffire à retarder la signature de plusieurs semaines.

    Les comptes, crédits et liquidités

    La répartition des comptes joints, l’imputation des crédits en cours et le sort des éventuelles économies communes doivent être arrêtés avec précision dans la convention. Un compte non identifié ou un crédit à la consommation oublié au moment de la rédaction oblige à reprendre le texte.

    Les biens professionnels

    Lorsqu’un époux est associé ou dirigeant d’une société, ou détient des parts sociales, la liquidation peut nécessiter une valorisation de l’entreprise, ce qui suppose souvent l’intervention d’un expert-comptable en plus de l’avocat. C’est l’un des rares cas où nous recommandons, avant même d’engager la procédure de divorce, de chiffrer précisément ce poste pour éviter des mois de blocage ultérieurs.

    La prestation compensatoire

    Le montant et les modalités de la prestation compensatoire, prévue par l’article 271 du Code civil (prestation compensatoire), doivent être négociés en tenant compte de la durée du mariage, de l’âge et de la situation professionnelle de chaque époux. Selon les situations rencontrées dans nos dossiers, les montants négociés amiablement peuvent aller de quelques milliers d’euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros, versés en capital ou sous forme de rente ; chaque cas reste spécifique et ne se déduit d’aucun barème automatique.

    Présence d’enfants : quel impact sur le calendrier du divorce amiable

    La présence d’enfants mineurs n’allonge pas mécaniquement la procédure de divorce amiable, mais elle ajoute un point de vigilance que le calendrier doit intégrer.

    La convention doit fixer l’autorité parentale, la résidence de l’enfant, le droit de visite et d’hébergement, ainsi que la contribution à son entretien et à son éducation. Ces points sont, en pratique, plus rapides à négocier que le volet patrimonial, car les parents ont souvent déjà organisé l’essentiel de la vie quotidienne de l’enfant avant de consulter un avocat.

    Le point de vigilance concerne le droit pour le mineur capable de discernement de demander à être entendu par le juge, conformément à ce que prévoit notre droit de la famille. Si l’enfant exprime ce souhait, le divorce ne peut plus se faire par convention déposée chez le notaire : il doit passer devant le juge aux affaires familiales, qui homologue alors l’accord des parents. Cette bascule vers la voie judiciaire ajoute mécaniquement plusieurs mois au calendrier, le temps d’obtenir une audience devant le tribunal judiciaire compétent.

    Dans les dossiers que nous traitons, ce cas de figure reste rare mais doit être anticipé dès le premier rendez-vous : nous informons systématiquement nos clients ayant des enfants adolescents de cette possibilité, afin qu’ils ne soient pas surpris si elle se présente en cours de procédure.

    Peut-on accélérer un divorce amiable ? Ce qui dépend de vous, ce qui n’en dépend pas

    La question revient dans presque tous les premiers rendez-vous : peut-on accélérer un divorce amiable ? La réponse honnête distingue ce qui relève de la volonté des époux et ce qui relève de la loi.

    Ce qui ne peut pas être raccourci : le délai de réflexion de quinze jours de l’article 229-4 du Code civil est incompressible, quelle que soit la bonne volonté des parties. Aucun avocat, aucun notaire, ne peut légalement le contourner.

    Ce qui peut, en revanche, être optimisé :

  • réunir toutes les pièces patrimoniales avant même le premier rendez-vous avec l’avocat, plutôt qu’au fil des relances ;
  • arriver au premier entretien avec un accord de principe déjà clair entre les époux sur les grandes lignes du partage, de la prestation compensatoire et du sort des enfants ;
  • répondre rapidement aux demandes de précisions de l’avocat, sans attendre plusieurs semaines entre chaque échange ;
  • anticiper l’évaluation d’un bien immobilier ou d’une entreprise dès le début de la négociation, plutôt que de la découvrir en cours de rédaction ;
  • prendre rendez-vous avec le notaire dès que la signature approche, pour éviter un délai d’attente supplémentaire.
  • À l’inverse, vouloir précipiter la signature avant que tous les points patrimoniaux soient réellement stabilisés est, dans notre expérience, la première cause d’échec d’un divorce amiable : le dossier revient en négociation quelques semaines plus tard, et le délai de réflexion doit repartir de zéro sur la nouvelle version. Préparer soigneusement le dossier avant de déposer la demande reste, de très loin, le meilleur levier pour réduire la durée réelle de la procédure.

    Divorce amiable devant notaire ou par voie judiciaire : quelle procédure pour quel délai

    Le divorce par consentement mutuel « déjudiciarisé », déposé chez le notaire, est la voie de droit commun depuis 2017 lorsque les deux époux sont d’accord et qu’aucun enfant ne demande à être entendu. C’est cette voie qui permet les délais évoqués plus haut, de quatre à huit mois pour un dossier sans complexité majeure.

    Il existe toutefois des cas où le divorce, même consenti sur le principe, repasse par le tribunal judiciaire : demande d’audition d’un enfant, présence d’un époux placé sous tutelle ou curatelle, ou volonté des parties de sécuriser certains points par une décision de justice plutôt que par un acte notarié. Dans ce cas, le calendrier dépend alors du rôle et de la disponibilité du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire compétent, ce qui peut ajouter plusieurs mois par rapport à la voie conventionnelle.

    Il faut également garder à l’esprit que le divorce amiable n’est pas la seule procédure de divorce. Lorsque le désaccord porte sur le principe même de la rupture ou sur des griefs entre époux, le divorce pour faute reste possible sur le fondement de l’article 242 du Code civil (divorce pour faute), dont les modalités sont détaillées par la fiche « divorce pour faute » de Service-Public.fr. Cette voie contentieuse se déroule devant le juge aux affaires familiales, dure en général plusieurs années, et les frais engagés peuvent être compensés, en tout ou partie, sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile. Nous le mentionnons uniquement pour donner un point de comparaison : c’est précisément cet écart de durée qui rend le consentement mutuel attractif pour les couples qui parviennent à s’entendre, même partiellement, sur les conséquences de leur séparation.

    Choisir son avocat pour un divorce amiable

    Le choix de l’avocat influe directement sur la fluidité du dossier, donc sur sa durée. Quelques critères vérifiables permettent d’orienter ce choix, sans qu’aucun cabinet ne puisse légitimement se présenter comme le « meilleur » de manière générale :

  • la spécialisation en droit de la famille reconnue par le Conseil National des Barreaux, qui suppose un examen et une pratique régulière de ce contentieux ;
  • l’ancienneté et le volume de dossiers de divorce amiable traités ;
  • la clarté du mode de facturation dès le premier rendez-vous ;
  • la proximité géographique avec le lieu de résidence des époux ou avec le tribunal judiciaire compétent.
  • Au sein de notre cabinet, c’est Me Cédrine Raybaud, avocate spécialiste en droit de la famille reconnue par le Conseil National des Barreaux, qui suit personnellement les dossiers de divorce, quelle que soit la voie choisie par les époux.

    Le déroulement du divorce par consentement mutuel judiciaire, lorsque le juge doit intervenir

    Lorsque le dossier bascule vers la voie judiciaire, faute d’accord total ou parce qu’un enfant demande à être entendu, la procédure ne suit plus le calendrier décrit plus haut. Les époux et leurs avocats déposent une requête conjointe auprès du greffe du tribunal judiciaire compétent, accompagnée du projet de convention et des pièces justificatives du dossier. Un délai d’instruction s’écoule ensuite avant l’audience, généralement de deux à six mois selon l’encombrement de la juridiction saisie. Lors de l’audience d’homologation, le juge aux affaires familiales vérifie que les deux époux consentent librement à la rupture et à ses conséquences, et que l’intérêt de l’enfant est préservé ; si ces conditions sont réunies, il homologue la convention et prononce le divorce par un jugement, à la différence de la voie extrajudiciaire où aucun jugement n’est rendu. C’est cette étape supplémentaire d’instruction et d’audience qui explique l’essentiel de l’écart de calendrier entre les deux procédures.

    Ce que confirme la jurisprudence sur la convention et les délais

    La Cour de cassation a eu l’occasion de préciser la portée des textes encadrant le divorce amiable extrajudiciaire. Dans un arrêt du 28 février 2018 (1re chambre civile, n° 17-15.092), elle a reconnu à la convention de divorce contresignée par avocats et déposée chez le notaire la même force qu’une décision judiciaire, sans qu’un passage devant le juge soit nécessaire pour produire cet effet. Dans un arrêt postérieur du 6 décembre 2018 (1re chambre civile, n° 17-28.398), elle a rappelé que le non-respect des délais légaux, en particulier celui de réflexion de quinze jours prévu par l’article 229-4 du Code civil, expose la procédure à une sanction. Ces deux décisions confirment que les délais évoqués plus haut ne relèvent pas de la simple recommandation : ce sont des conditions de validité de la convention elle-même.

    Notre position

    Sur la question, souvent discutée, de savoir s’il faut « pousser » un divorce amiable pour aller le plus vite possible ou prendre le temps de sécuriser chaque point avant de signer, notre position est claire : la vitesse ne doit jamais primer sur la solidité de l’accord. Le délai de réflexion de quinze jours prévu par l’article 229-4 du Code civil n’est pas une simple contrainte administrative ; il traduit une exigence de fond du droit du divorce, celle d’un consentement réellement libre et éclairé de chaque époux, à distance de la pression du moment. Nous constatons régulièrement que les conventions signées trop rapidement, sous prétexte d’aller vite, sont aussi celles qui reviennent le plus souvent en négociation quelques mois après le divorce, notamment sur la prestation compensatoire ou le partage d’un bien immobilier mal évalué au moment de la signature. Prendre le temps nécessaire pour chiffrer précisément le patrimoine et pour vérifier que chaque époux mesure réellement les conséquences de l’accord n’allonge, en réalité, que de quelques semaines une procédure qui reste, de toute façon, bien plus rapide qu’un divorce contentieux.

    Questions fréquentes

    Combien de temps dure un divorce amiable sans enfant ni patrimoine complexe ?

    Dans les dossiers les plus simples, sans bien immobilier ni enfant, la durée observée se situe le plus souvent entre trois et cinq mois, délai de réflexion de quinze jours inclus. Ce chiffre reste indicatif : il dépend de la rapidité de chaque époux à transmettre ses pièces et de la disponibilité du notaire choisi pour le dépôt de la convention.

    Peut-on divorcer à l’amiable gratuitement ?

    Non, sauf situation particulière. Chaque époux doit être assisté de son propre avocat pour un divorce par consentement mutuel, ce qui suppose des honoraires. Une aide existe toutefois pour les personnes remplissant des conditions de ressources : l’aide juridictionnelle, sur demande auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire compétent. Une protection juridique incluse dans un contrat d’assurance habitation ou une carte bancaire peut également couvrir une partie des frais. Des consultations gratuites sont par ailleurs proposées par les permanences du barreau, les maisons de justice et du droit et les points-justice. Au sein de notre cabinet, la première consultation en droit de la famille est fixée à 99 € TTC ; elle n’est pas gratuite.

    Faut-il obligatoirement un avocat pour chaque époux dans un divorce amiable ?

    Oui. C’est une exigence posée par l’article 229-1 du Code civil (divorce par consentement mutuel) : chaque époux doit être assisté de son propre avocat, un même avocat ne pouvant représenter les deux parties à la fois. Cette règle vise précisément à garantir que chacun bénéficie d’un conseil indépendant avant de signer la convention.

    Que se passe-t-il si l’un des époux change d’avis pendant le délai de réflexion ?

    Tant que la convention n’est pas signée, chacun des époux conserve la possibilité de revenir sur un point négocié ou de renoncer à la procédure. Si un désaccord apparaît pendant le délai de réflexion de quinze jours, la convention doit être retravaillée et renvoyée : le délai recommence à courir à compter du nouvel envoi. Dans les cas où le désaccord devient durable, la procédure amiable peut être abandonnée au profit d’une procédure devant le juge aux affaires familiales.

    Le divorce amiable passe-t-il toujours devant un notaire, jamais devant un juge ?

    Le plus souvent, oui : la convention est déposée au rang des minutes d’un notaire, sans passage devant le tribunal judiciaire. Il existe une exception : si un enfant mineur capable de discernement demande à être entendu, le dossier doit être présenté au juge aux affaires familiales, qui homologue alors l’accord des parents à l’issue d’une audience.

    Comment anticiper et préparer son dossier pour réduire la durée réelle de la procédure ?

    La préparation en amont est le levier le plus efficace : rassembler les titres de propriété, relevés de comptes, avis d’imposition et informations sur les crédits en cours avant le premier rendez-vous, clarifier avec son époux les points d’accord et de désaccord, et anticiper l’évaluation d’un bien immobilier ou d’une entreprise dès le début de la négociation plutôt qu’en cours de rédaction de la convention.

    En additionnant le délai de réflexion de quinze jours et le délai de sept jours laissé pour le dépôt de la convention chez le notaire, le plancher légal s’établit à vingt-deux jours. Ce minimum reste toutefois théorique : il supposerait une convention acceptée dès le premier échange et un rendez-vous notarial immédiat, ce qui ne correspond pas à la réalité de la plupart des dossiers, où la négociation et la prise de rendez-vous ajoutent plusieurs semaines.

    Combien coûte un divorce amiable, au-delà de la première consultation ?

    Les honoraires d’un divorce amiable simple se situent le plus souvent entre 1 500 et 2 500 € HT pour l’ensemble de la procédure, auxquels s’ajoutent les émoluments du notaire pour le dépôt de la convention, de l’ordre de 50 € TTC, ainsi que des frais de transcription variables. Un dossier comportant un bien immobilier ou un patrimoine complexe fait l’objet d’un devis personnalisé après examen des pièces. La première consultation, qui permet d’évaluer précisément votre situation, est facturée 99 € TTC.

    —

    \*Situation composite reconstituée à partir de dossiers du cabinet, prénom modifié et détails changés.