Pour un divorce amiable (divorce par consentement mutuel), les deux époux doivent réunir : les documents d’état civil de chacun et des enfants, les justificatifs de revenus et de patrimoine, les pièces relatives aux biens immobiliers éventuels, et tout document permettant de fixer les modalités concernant les enfants mineurs. Ce dossier sert à rédiger la convention de divorce, qui est ensuite déposée chez un notaire pour faire courir le délai de réflexion. Notre cabinet, qui traite le droit de la famille au quotidien dans plusieurs villes des Bouches-du-Rhône, vous détaille ici la liste complète, poste par poste, et les erreurs qui font perdre du temps.

Sommaire

  • Les documents d’état civil à réunir pour les deux époux et les enfants
  • Les documents financiers et bancaires indispensables au dossier
  • Biens immobiliers : les pièces spécifiques à ne pas oublier
  • Enfants mineurs : les documents propres à leur situation
  • La convention de divorce et le rôle du notaire
  • Les erreurs les plus fréquentes dans la constitution du dossier
  • Combien de temps pour réunir ce dossier avant l’envoi de la demande
  • Les pièces personnelles complémentaires : domicile, capacité juridique et retraite
  • Notre position
  • Questions fréquentes
  • Les documents d’état civil à réunir pour les deux époux et les enfants

    Le divorce amiable repose sur une article 229-1 du Code civil (divorce par consentement mutuel) : les deux époux constatent leur accord sur le principe de la rupture et sur l’ensemble de ses effets. Avant même de discuter du fond, il faut fournir les pièces d’identité qui permettent de sécuriser cette procédure.

    Pour chaque époux, la liste de base comprend :

  • une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité ou passeport) ;
  • une copie intégrale de l’acte de naissance, à demander à la mairie du lieu de naissance, datée de moins de trois mois ;
  • une copie intégrale de l’acte de mariage, avec les mentions marginales ;
  • le livret de famille, si un livret a été délivré ;
  • le cas échéant, une copie du jugement ou de l’acte constatant un précédent divorce ou une précédente union.
  • Pour les enfants du couple, il faut ajouter une copie intégrale de leur acte de naissance. Ces documents d’état civil doivent tous être récents : un acte de naissance ou de mariage trop ancien est presque systématiquement refusé par le notaire ou renvoyé pour actualisation, ce qui retarde l’envoi de la demande. Dans les dossiers que nous traitons, c’est l’un des points sur lequel les justiciables perdent le plus de temps, faute d’avoir anticipé le délai de délivrance par la mairie.

    Les documents financiers et bancaires indispensables au dossier

    La convention de divorce doit décrire de façon complète la situation patrimoniale et financière de chaque époux. C’est une exigence de fond : l’article 229-3 du Code civil impose que la convention soit rédigée de manière éclairée, ce qui suppose que chaque partie dispose d’une information réelle sur les revenus et le patrimoine de l’autre.

    Concrètement, chaque époux doit rassembler :

  • ses trois derniers bulletins de salaire ou justificatifs équivalents (bénéfices non commerciaux, bénéfices industriels et commerciaux, pension de retraite) ;
  • son dernier avis d’imposition et sa dernière déclaration de revenus ;
  • les relevés bancaires des derniers mois, sur l’ensemble des comptes détenus, seul ou en commun ;
  • les justificatifs de crédits en cours (crédit immobilier, crédit à la consommation) ;
  • les contrats d’assurance-vie, plans d’épargne et autres produits financiers.
  • Ces documents financiers servent à calculer une éventuelle prestation compensatoire lorsque le divorce crée une disparité dans les conditions de vie des époux, conformément à l’article 271 du Code civil (prestation compensatoire). Même en divorce amiable, cette question doit être tranchée dans la convention : les époux peuvent s’accorder sur son montant, mais ils doivent le faire en connaissance de cause, sur la base de pièces réelles et non d’une estimation approximative.

    Biens immobiliers : les pièces spécifiques à ne pas oublier

    Lorsque les époux sont propriétaires, seuls ou en indivision, d’un ou plusieurs biens immobiliers, un jeu de pièces spécifiques vient compléter le dossier. C’est souvent la partie la plus longue à réunir, car elle suppose de retrouver des documents parfois anciens :

  • le titre de propriété du ou des biens ;
  • le dernier avis de taxe foncière ;
  • le tableau d’amortissement du crédit immobilier en cours, s’il y a lieu ;
  • une estimation de la valeur vénale du bien, réalisée par un professionnel ou établie d’un commun accord ;
  • s’il existe un contrat de mariage, une copie de ce contrat, en lien avec le régime matrimonial défini à l’article 1400 du Code civil pour les couples mariés sous le régime de la communauté.
  • Le notaire chargé de recevoir la convention a besoin de connaître précisément la composition du patrimoine immobilier pour valider le partage envisagé par les époux, ou pour identifier qu’un partage complémentaire devra être réalisé après le divorce. Dans notre pratique, nous constatons que l’oubli le plus fréquent porte sur l’estimation du bien : les époux se fient à une valeur ancienne, parfois celle de l’achat, alors que la valeur retenue dans la convention doit refléter la réalité du marché au moment du divorce.

    Enfants mineurs : les documents propres à leur situation

    Quand le couple a des enfants mineurs, la convention doit organiser l’autorité parentale, la résidence, le droit de visite et d’hébergement, ainsi que la contribution à l’entretien et à l’éducation. Pour documenter ces choix, il est utile de réunir :

  • la copie intégrale de l’acte de naissance de chaque enfant, déjà mentionnée plus haut ;
  • les justificatifs de frais de scolarité, d’activités extrascolaires ou de frais médicaux réguliers, lorsqu’ils sont pris en compte dans le calcul de la contribution ;
  • un justificatif du mode de garde envisagé (attestation de l’établissement scolaire notamment) lorsque celui-ci a une incidence sur l’organisation de la résidence.
  • Le juge n’intervient plus dans un divorce par consentement mutuel classique, sauf lorsque l’enfant mineur demande à être entendu ou lorsque son intérêt commande un contrôle judiciaire. La convention doit néanmoins décrire avec précision les modalités retenues, car elle vaut titre exécutoire une fois déposée chez le notaire.

    La convention de divorce et le rôle du notaire

    Une fois les documents rassemblés, chaque époux doit être assisté par son propre avocat : la loi impose deux conseils distincts, précisément pour garantir que chacun donne un consentement éclairé. Les avocats rédigent ensemble la convention de divorce, qui reprend l’ensemble des accords : partage des biens, sort du logement, prestation compensatoire éventuelle, modalités relatives aux enfants.

    La convention est ensuite adressée à chaque époux par lettre recommandée, avec un délai de réflexion obligatoire avant signature. Une fois signée par les deux époux et leurs avocats, elle est déposée au rang des minutes d’un notaire, qui contrôle le respect des délais et des mentions obligatoires, puis lui donne force exécutoire. Le notaire ne rejuge pas le fond de l’accord : son contrôle porte sur la régularité formelle de la procédure.

    Camille\*, 39 ans, Aix-en-Provence. Camille et son époux souhaitaient divorcer à l’amiable après quinze ans de mariage, avec deux enfants mineurs et un appartement en commun. Le dossier a été retardé de plusieurs semaines parce que l’acte de mariage transmis datait de plus d’un an et que l’estimation du bien immobilier n’avait pas été actualisée. Une fois ces pièces reprises, la convention a pu être rédigée, adressée aux deux époux, puis déposée chez le notaire dans les délais prévus.

    Les erreurs les plus fréquentes dans la constitution du dossier

    Dans les dossiers que nous traitons au bureau d’Aix-en-Provence comme au bureau de Salon-de-Provence, quelques erreurs reviennent régulièrement et retardent l’envoi de la demande :

  • fournir des actes d’état civil trop anciens, alors qu’ils doivent être récents au moment du dépôt ;
  • transmettre des relevés bancaires incomplets, sans couvrir l’ensemble des comptes détenus ;
  • oublier un compte joint ou un compte ouvert avant le mariage, ce qui fausse l’appréciation du patrimoine ;
  • ne pas actualiser la valeur d’un bien immobilier, ce qui fragilise le partage prévu dans la convention ;
  • attendre le dernier moment pour demander une copie intégrale d’acte de naissance, alors que certaines mairies mettent plusieurs semaines à la délivrer.
  • Ces erreurs n’empêchent pas le divorce, mais elles allongent la procédure de plusieurs semaines, parfois de plusieurs mois lorsque le dossier doit être repris à plusieurs reprises entre les deux avocats.

    Combien de temps pour réunir ce dossier avant l’envoi de la demande

    Il n’existe pas de délai légal imposé pour réunir les documents eux-mêmes : c’est la préparation de la convention, une fois le dossier complet, qui obéit à des délais précis (délai de réflexion avant signature, délai de prescription de l’action en divorce fixé par l’article 2224 du Code civil pour agir en justice le cas échéant). En pratique, réunir l’ensemble des pièces d’état civil, financières et immobilières prend le plus souvent entre trois et huit semaines, selon la rapidité des administrations et la complexité du patrimoine. Un dossier avec un seul bien immobilier et sans enfant se boucle en général plus vite qu’un dossier avec plusieurs biens, une entreprise ou des enfants issus d’unions différentes.

    Les pièces personnelles complémentaires : domicile, capacité juridique et retraite

    Au-delà des documents d’état civil et financiers déjà cités, le dossier de divorce amiable doit comporter quelques pièces personnelles qui sont parfois oubliées parce qu’elles paraissent secondaires, alors qu’elles sont vérifiées par les avocats avant la rédaction de la convention.

    Pour chaque époux, il convient ainsi d’ajouter :

    un justificatif de domicile de moins de trois mois ;

    une attestation sur l’honneur relative à l’absence de mesure de protection juridique en cours (tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice) ;

    lorsque l’un des époux est déjà à la retraite ou proche de l’être, un certificat de situation ou un relevé de carrière délivré par sa caisse de retraite (CNAV, CARSAT ou caisse équivalente).

    Cette dernière pièce a une incidence directe sur le calcul d’une éventuelle prestation compensatoire, puisqu’elle permet d’apprécier les droits à retraite déjà constitués par chaque époux et l’écart susceptible de subsister après le divorce.

    Notre position

    Nous recommandons systématiquement de réunir la totalité des documents avant la première réunion avec les deux avocats, plutôt que de les fournir au fil de l’eau. L’article 229-3 du Code civil impose que la convention de divorce soit rédigée de manière éclairée : un consentement ne peut être éclairé que si chaque époux dispose, dès le départ, d’une image complète et à jour du patrimoine et des revenus du couple. Fournir un dossier incomplet dans un premier temps, puis le compléter par étapes, multiplie les échanges entre avocats, allonge la procédure et augmente le risque qu’un élément financier soit découvert tardivement, ce qui peut remettre en cause l’équilibre déjà négocié de la convention. Notre cabinet préfère donc consacrer, dès la première consultation, un temps dédié à la vérification de la liste des pièces plutôt que de rédiger une convention qui devra être reprise.

    Questions fréquentes

    Le divorce amiable est-il gratuit avec l’aide juridictionnelle ?

    Le divorce amiable n’est jamais gratuit en tant que procédure, mais l’accompagnement par un avocat peut être pris en charge, sous conditions de ressources, par l’aide juridictionnelle, sur demande auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire compétent. Une protection juridique incluse dans un contrat d’assurance habitation ou une carte bancaire peut également couvrir une partie des frais. Les permanences du barreau, les maisons de justice et du droit et les points-justice proposent par ailleurs des consultations gratuites d’information générale. Au cabinet, la première consultation en droit de la famille est fixée à 80 € TTC, quel que soit le mode de financement envisagé par la suite.

    Faut-il obligatoirement passer devant un notaire pour un divorce amiable ?

    Oui : une fois la convention signée par les deux époux et leurs avocats, elle doit être déposée au rang des minutes d’un notaire pour devenir exécutoire. Ce dépôt est obligatoire dans tous les cas de divorce par consentement mutuel par acte sous signature privée contresigné par avocats ; le notaire ne rejuge pas le contenu de l’accord, il vérifie le respect des règles de forme et des délais.

    Combien de temps faut-il pour réunir tous les documents d’un dossier de divorce amiable ?

    Le délai varie selon la situation patrimoniale et familiale du couple. Dans les dossiers que nous suivons, il faut le plus souvent compter entre trois et huit semaines pour réunir l’ensemble des pièces d’état civil, financières et immobilières, ce délai dépendant surtout de la rapidité de délivrance des actes par les mairies et de la disponibilité des relevés bancaires.

    Pourquoi chaque époux doit-il avoir son propre avocat dans un divorce amiable ?

    La loi impose deux avocats distincts, un pour chaque époux, précisément parce que le divorce amiable repose sur un accord négocié entre les parties. Un même avocat ne peut pas conseiller les deux époux à la fois, car cela créerait un conflit d’intérêts et priverait chacun d’un conseil réellement indépendant au moment de donner son consentement à la convention.

    Que se passe-t-il si un document manque au moment de l’envoi de la demande ?

    L’absence d’une pièce essentielle, comme un acte de naissance à jour ou un relevé bancaire complet, oblige généralement à suspendre la rédaction de la convention jusqu’à sa réception. Cela ne remet pas en cause le principe du divorce amiable, mais retarde l’envoi de la convention en lettre recommandée aux époux, puis son dépôt chez le notaire.

    Quelle est la durée du délai de réflexion avant la signature de la convention ?

    Une fois le projet de convention adressé à chaque époux par lettre recommandée avec accusé de réception, la loi impose un délai de réflexion de 15 jours avant que la signature définitive puisse intervenir. Ce délai est incompressible et s’applique même lorsque les deux époux sont d’accord dès le départ sur l’ensemble des termes de la convention.

    Un époux placé sous tutelle ou curatelle peut-il divorcer à l’amiable ?

    Non : l’époux placé sous une mesure de protection juridique, qu’il s’agisse d’une tutelle, d’une curatelle ou d’une sauvegarde de justice, ne peut pas divorcer par acte sous signature privée contresigné par avocats. Le divorce doit alors obligatoirement suivre la procédure judiciaire devant le juge aux affaires familiales, quand bien même les deux époux seraient d’accord sur le principe et les effets du divorce.

    Combien coûte le dépôt de la convention chez le notaire ?

    Le dépôt de la convention au rang des minutes du notaire donne lieu à des émoluments de l’ordre de 50 euros. Ce montant s’ajoute aux honoraires des avocats et, le cas échéant, aux frais d’un acte notarié distinct lorsque le partage porte sur un bien immobilier commun.

    Le consentement donné par un époux peut-il être remis en cause après le divorce ?

    Un recours judiciaire reste possible en cas de vice du consentement ou de dol, par exemple si l’un des époux établit qu’il n’a pas disposé d’une information réelle sur le patrimoine du couple ou qu’il a signé sous la contrainte. Les époux, ou un tiers intéressé, peuvent alors saisir le tribunal en contestation de la convention.

    *Situation composite reconstituée à partir de dossiers du cabinet, prénom modifié et détails changés.