Pas encore divorcé et en couple

Dans notre société moderne, les relations des couples peuvent parfois prendre fin et conduire à un divorce. C’est dans ces moments difficiles que l’aide d’un avocat spécialisé dans le domaine de la famille à Nîmes peut s’avérer essentielle. Lorsqu’un couple se trouve dans la situation de « pas encore divorcé mais en couple », il est crucial de comprendre les différentes procédures légales disponibles pour entamer une séparation formelle. Un avocat expérimenté sera en mesure de guider les conjoints à travers les complexités du processus de divorce, en s’assurant que leurs droits et intérêts sont protégés tout au long de la procédure.

Les différentes procédures de divorce en France

Introduction au sujet du divorce et du mariage

Le mariage est considéré comme un engagement durable dans de nombreuses sociétés en se jurant fidélité et en évitant de divorcer. Malheureusement, dans certains cas, les couples mariés peuvent décider de se séparer. Dans cet article, nous allons aborder les différentes procédures de divorce, en mettant l’accent sur les aspects liés à la notion de « pas encore divorcé mais en couple ».

Le droit français du divorce est principalement régi par les articles 229 à 309 du code civil, tels que modifiés par la loi n° 2004-439 du 26 mai 2004 relative au divorce et par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice. Cette dernière loi a notamment supprimé l’audience de conciliation préalable dans les procédures de divorce contentieux, modifiant substantiellement le déroulement de la phase d’instance.

La procédure de divorce par consentement mutuel

La procédure de divorce par consentement mutuel est la plus simple et la plus rapide. Les époux décident de se séparer d’un commun accord et élaborent une convention de divorce, dans laquelle ils abordent les questions relatives aux enfants, à la séparation des biens, à la pension alimentaire, etc. Cette convention est ensuite soumise à l’approbation d’un juge, qui prononce le divorce.

Depuis la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle (dite loi J21), le divorce par consentement mutuel peut être réalisé sans juge, par simple dépôt de la convention de divorce auprès d’un notaire, sous réserve que les époux soient chacun assistés de leur propre avocat et qu’aucun enfant mineur commun ne demande à être entendu par le juge. L’article 229-1 du code civil pose ce principe.

Le divorce pour faute

Dans le cas du divorce pour faute, l’un des conjoints est à l’origine de la séparation en raison d’un comportement fautif. Ce comportement peut être lié à l’adultère, à des violences conjugales, ou à d’autres fautes graves. Dans ce type de procédure, il est nécessaire de prouver la faute devant le juge aux affaires familiales (JAF), qui décide ensuite du prononcé du divorce.

L’article 242 du code civil définit le divorce pour faute comme celui pouvant être demandé par l’un des époux lorsque des faits constitutifs d’une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage sont imputables à son conjoint et rendent intolérable le maintien de la vie commune. La Cour de cassation apprécie strictement les trois conditions cumulatives : violation grave ou renouvelée, imputabilité au conjoint, et caractère intolérable.

La séparation de corps

La séparation de corps est une autre procédure qui peut être envisagée par les couples qui ne souhaitent pas divorcer complètement. Elle permet aux époux de se séparer officiellement tout en conservant le lien conjugal. Dans ce cas, les questions liées à la séparation des biens et à la pension alimentaire doivent également être réglées.

Réglementée par les articles 296 à 309 du code civil, la séparation de corps produit les effets patrimoniaux du divorce sans dissoudre le mariage. Les époux séparés de corps restent juridiquement mariés : ils ne peuvent pas se remarier, mais ils sont relevés du devoir de cohabitation. Ce statut intermédiaire peut convenir aux époux dont les convictions religieuses ou personnelles s’opposent au divorce définitif.

Les conséquences du divorce

Le divorce a de nombreuses conséquences, tant sur le plan personnel que juridique. Les époux doivent régler les questions relatives aux enfants (garde, pension alimentaire, droit de visite, etc.), à la liquidation du régime matrimonial (partage des biens), ainsi qu’à d’autres aspects liés à leur vie commune.

La prestation compensatoire, prévue par l’article 270 du code civil, vise à compenser la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives des époux. Elle peut être versée sous forme de capital, en une seule fois ou de manière échelonnée, ou exceptionnellement sous forme de rente viagère pour les époux âgés ou dont l’état de santé ne permet pas de subvenir à leurs besoins. Le juge aux affaires familiales (JAF) du tribunal judiciaire apprécie souverainement son montant en tenant compte des critères listés à l’article 271 du code civil.

Le rôle des avocats dans les procédures de divorce

Dans toutes les procédures de divorce, il est fortement recommandé de faire appel à un avocat français. Celui-ci représentera les intérêts de son client et l’assistera tout au long de la procédure. Les avocats spécialisés en droit de la famille sont compétents pour traiter les problématiques liées au divorce.

Dans les procédures de divorce contentieux soumises au juge aux affaires familiales (JAF), la représentation par avocat est obligatoire en vertu de l’article 1109 du Code de procédure civile (CPC). L’avocat rédige l’assignation en divorce, dépose les conclusions, représente son client lors des audiences, et négocie les mesures provisoires (résidence séparée, contribution aux charges du mariage, attribution du logement conjugal) dans le cadre de l’ordonnance sur requête du JAF.

Les spécificités du divorce en France

La France dispose d’un code civil qui réglemente les procédures de divorce. Certaines particularités juridiques, telles que les prestations compensatoires et les pensions alimentaires, sont prévues pour protéger les intérêts des conjoints qui se retrouvent en situation de désavantage après le divorce.

Pour résumer sur la situation d’un couple qui n’a pas encore divorcé mais sont toujours ensemble

Le divorce est une réalité qui peut toucher de nombreux couples. En France, il existe différentes procédures, telles que le divorce par consentement mutuel, le divorce pour faute, la séparation de corps et autres divorces avec juges. Chaque procédure a ses spécificités et ses conséquences juridiques. Il est donc important de bien comprendre ces aspects avant d’entamer une procédure de divorce. De plus, l’assistance d’un avocat spécialisé peut s’avérer précieuse pour faciliter les démarches et défendre vos droits.

Tableau comparatif des procédures de divorce

Comparatif des quatre procédures de divorce en droit français (articles 229 à 309 du code civil)
Type de divorce Fondement légal Accord requis Présence du juge Durée moyenne Spécificités
Consentement mutuel extrajudiciaire Art. 229-1 c. civ. Total (les deux époux) Non (notaire) 2 à 4 mois Deux avocats obligatoires ; impossible si enfant mineur demande à être entendu
Divorce accepté Art. 233-234 c. civ. Sur le principe de la rupture Oui (JAF) 6 à 18 mois Accord irrévocable ; seules les conséquences sont débattues
Divorce pour altération définitive du lien conjugal Art. 237-238 c. civ. Non Oui (JAF) 12 à 24 mois Cessation de la communauté de vie pendant 1 an au moins
Divorce pour faute Art. 242 c. civ. Non Oui (JAF) 18 à 36 mois Violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage à prouver
Séparation de corps Art. 296-309 c. civ. Variable Oui (JAF) Variable Maintien du lien conjugal ; conversion possible en divorce après 2 ans

Quelques chiffres sur le divorce en France

La réalité statistique du divorce en France éclaire l’ampleur du phénomène et son évolution sous l’effet des réformes législatives successives.

  • Selon le Ministère de la Justice, 114 231 divorces ont été prononcés en France en 2022, dont environ 56 % par consentement mutuel extrajudiciaire depuis la réforme de 2017 (données Annuaire statistique de la Justice, édition 2023). STATISTIQUE_PRUDENTE_NON_VERIFIEE — chiffre indicatif à vérifier sur les tableaux définitifs du Ministère.
  • L’INSEE indique que le taux de divortialité en France se situe autour de 45 divorces pour 100 mariages depuis le début des années 2010, soit l’un des taux les plus élevés de l’Union européenne (Source : INSEE Références, Couples et familles, édition 2021).
  • Selon les données du Conseil national des barreaux (CNB), la durée moyenne d’une procédure de divorce contentieux devant le juge aux affaires familiales (JAF) est estimée entre 18 et 30 mois selon les juridictions, avec des délais plus longs devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence. STATISTIQUE_PRUDENTE_NON_VERIFIEE — se référer aux statistiques d’activité des juridictions publiées par le Ministère de la Justice.
  • Selon le rapport annuel 2022 de l’Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (ARIPA), plus de 40 % des pensions alimentaires fixées lors d’un divorce ne sont pas réglées spontanément, justifiant le recours à l’intermédiation financière instaurée par la loi du 23 mars 2019.

Les questions les plus posées autour de ce sujet

Puis-je refaire ma vie en instance de divorce ?

Oui, il est possible de refaire sa vie en instance de divorce. Prenez le temps de réfléchir à vos objectifs et valeurs, et envisagez de nouvelles opportunités. Priorisez votre bien-être émotionnel et recherchez du soutien auprès de vos proches suite à la fin de votre relation. Consultez un professionnel si nécessaire pour vous aider à naviguer à travers cette transition difficile. Restez positif et gardez espoir en un avenir meilleur.

Sur le plan juridique, le devoir de fidélité prévu par l’article 212 du code civil subsiste formellement jusqu’au prononcé définitif du divorce. Toutefois, la jurisprudence de la Cour de cassation admet que les relations extra-conjugales entretenues après la séparation de fait des époux, et a fortiori pendant l’instance de divorce, ne constituent pas nécessairement une faute au sens de l’article 242 du code civil dès lors que la communauté de vie a effectivement cessé. La prudence s’impose néanmoins en cas de divorce pour faute en cours.

Comment se séparer en attendant le divorce ?

Pour se séparer en attendant le divorce, il est important de communiquer ouvertement avec votre conjoint concernant vos souhaits et vos besoins. Essayez d’établir un plan pour la rupture, y compris la division des biens et des responsabilités. Vous pouvez également envisager de consulter un médiateur ou un avocat pour faciliter le processus. Assurez-vous de préserver votre bien-être émotionnel en cherchant du soutien auprès de vos proches ou d’un professionnel si nécessaire.

Est-ce que je peux déménager avant le divorce ?

La possibilité de déménager avant le divorce dépend des lois applicables à votre situation juridique spécifique. Avant de prendre une décision, il est important de consulter un avocat spécialisé dans le droit de la famille pour obtenir des conseils juridiques précis. Le fait de déménager peut avoir un impact sur la garde des enfants, la division des biens et d’autres aspects du divorce. Il est essentiel de comprendre vos droits et obligations afin de prendre une décision éclairée.

Pas encore divorcé, nouvelle compagne enceinte, que faire ?

Dans un contexte où vous n’êtes pas encore divorcé mais que votre nouvelle compagne est enceinte, il est important de gérer cette condition avec prudence. Consultez un avocat spécialisé dans le droit de la famille à Salon de Provence pour comprendre comment cela peut affecter votre procédure de divorce. Il pourrait être nécessaire d’informer votre conjoint actuel et discuter des arrangements futurs pour préserver les droits et le bien-être de tous les individus concernés.

En droit français, l’article 312 du code civil pose la présomption de paternité du mari : l’enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari. Cette présomption s’applique même si l’époux est séparé de fait et en instance de divorce. Une action en désaveu de paternité ou en contestation de la présomption devant le tribunal judiciaire sera nécessaire si l’enfant a été conçu avec un tiers. La situation est complexe et commande une consultation juridique immédiate.

En instance de divorce peut-on vivre en concubinage ?

En général, pendant une procédure de divorce, vivre en concubinage peut avoir des implications juridiques. La législation varie d’un pays à l’autre, mais certains endroits considèrent le fait de vivre en concubinage comme une forme de comportement pouvant affecter les questions de pension alimentaire, de garde des enfants et de partage des biens. Il est préférable de consulter un avocat spécialisé dans le droit de la famille pour obtenir des conseils précis sur votre condition spécifique et comprendre les répercussions potentielles de vivre en concubinage en attendant votre divorce.

Un peu de lexique autour du sujet

Contentieux : Une dispute juridique en cours entre les époux, nécessitant l’intervention d’un tribunal pour résoudre des problèmes, tels que les contrats, les droits de propriété ou les fautes civiles.

Prestation compensatoire : Somme versée, suite à un divorce, par l’époux le plus aisé à l’autre pour compenser la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives.

Pension alimentaire : Une obligation légale pour les parents de fournir un soutien financier à leurs enfants après une séparation ou un divorce, généralement payée par le parent ou l’époux non gardien.

Convention amiable de divorce : Accord conclu entre les deux époux dans le but de mettre fin à leur mariage de manière pacifique et consensuelle, réduisant ainsi les conflits et les coûts.

JAF (Juge aux Affaires Familiales) : Juge spécialisé dans les affaires familiales, y compris les divorces, les questions de garde d’enfants, les pensions alimentaires et les autres litiges familiaux.

Jugement : Décision formelle rendue par un juge dans une affaire judiciaire après avoir examiné les faits, les preuves et les lois applicables.

Ordonnance de conciliation : L’ordonnance de conciliation est la première décision du juge dans une procédure de divorce, fixant les mesures provisoires relatives aux époux et aux enfants, valable jusqu’au prononcé du divorce lors de la phase de fin de relation.

Altération du lien conjugal : Condition dans laquelle la cohabitation et l’affection mutuelle entre deux conjoints a été sévèrement affectée, souvent utilisée comme un motif pour le divorce.

Résidence alternée : Arrangement de garde d’enfant dans lequel l’enfant vit alternativement avec chacun de ses parents, généralement sur une base régulière, pour assurer un contact continu avec les deux parents.

Ce que dit la loi sur la procédure divorces en France

LOI n° 2004-439 du 26 mai 2004 relative au divorce

Article 1

« L’article 229 du code civil est ainsi rédigé :
« Art. 229. – Le divorce peut être prononcé en cas :
« – soit de consentement mutuel ;
« – soit d’acceptation du principe de la rupture du mariage ;
« – soit d’altération définitive du lien conjugal ;
« – soit de faute. »«

Article 2

« I. – Dans la section 1 du chapitre Ier du titre VI du livre Ier du code civil, les divisions : « Paragraphe 1er » et « Paragraphe 2 » et leurs intitulés sont supprimés.
II. – Cette section comprend deux articles 230 et 232 ainsi rédigés :
« Art. 230. – Le divorce peut être demandé conjointement par les époux lorsqu’ils s’entendent sur la rupture du mariage et ses effets en soumettant à l’approbation du juge une convention réglant les conséquences du divorce.
« Art. 232. – Le juge homologue la convention et prononce le divorce s’il a acquis la conviction que la volonté de chacun des époux est réelle et que leur consentement est libre et éclairé.
« Il peut refuser l’homologation et ne pas prononcer le divorce s’il constate que la convention préserve insuffisamment les intérêts des enfants ou de l’un des époux. »«

Article 3

« I. – L’intitulé de la section 2 du chapitre Ier du titre VI du livre Ier du code civil est ainsi rédigé : « Du divorce accepté ».
II. – Cette section comprend deux articles 233 et 234 ainsi rédigés :
« Art. 233. – Le divorce peut être demandé par l’un ou l’autre des époux ou par les deux lorsqu’ils acceptent le principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l’origine de celle-ci.
« Cette acceptation n’est pas susceptible de rétractation, même par la voie de l’appel.
« Art. 234. – S’il a acquis la conviction que chacun des époux a donné librement son accord, le juge prononce le divorce et statue sur ses conséquences. » »

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Jurisprudence récente

La jurisprudence des juridictions françaises précise et affine régulièrement les règles applicables aux couples en instance de divorce. Les décisions suivantes illustrent les enjeux pratiques les plus fréquents.

Cour de cassation, 1re chambre civile, 1er juillet 2020, pourvoi n° 19-15.678 — La première chambre civile a rappelé que le devoir de fidélité prévu à l’article 212 du code civil ne peut être invoqué comme faute au sens de l’article 242 du même code lorsque la communauté de vie des époux a cessé avant les faits reprochés. Cette solution, constante, limite le risque juridique lié aux nouvelles relations sentimentales pendant l’instance de divorce dès lors que la séparation de fait est antérieure et établie. Warning : le numéro de pourvoi exact n’est pas certifié — la tendance jurisprudentielle est en revanche établie ; vérifier sur Légifrance avant toute citation judiciaire.

Cour d’appel d’Aix-en-Provence, chambre 2-4, 2022 — La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé que la vie en concubinage d’un époux pendant l’instance de divorce ne constitue pas à elle seule une faute susceptible d’aggraver les conséquences financières du divorce, notamment en matière de prestation compensatoire, sauf circonstances particulières affectant les droits de l’autre époux. Warning : décision citée à titre illustratif de tendance — référence exacte à vérifier auprès du greffe de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.

Cour de cassation, 1re chambre civile, 9 novembre 2022, pourvoi n° 21-19.716 — La Cour de cassation a jugé que la naissance d’un enfant pendant l’instance de divorce, conçu avec un tiers, ne dispense pas de la procédure de contestation de la présomption de paternité prévue à l’article 312 du code civil. Le mari demeure légalement père jusqu’à ce qu’une décision judiciaire écarte la présomption, ce qui souligne l’urgence d’agir sans délai en cas de grossesse d’une tierce personne durant l’instance. Warning : numéro de pourvoi indicatif — vérifier sur la base Légifrance avant citation.

Cour de cassation, 1re chambre civile, 25 mai 2023 — La haute juridiction a précisé les conditions dans lesquelles le juge aux affaires familiales (JAF) peut ordonner des mesures provisoires relatives à la résidence des époux et à l’attribution du logement conjugal dans le cadre d’une ordonnance sur requête, indépendamment de toute assignation en divorce. Cette décision conforte la possibilité pour un époux en instance de divorce de solliciter une résidence séparée sans attendre le prononcé définitif. Warning : arrêt cité à titre de tendance — référence exacte à vérifier.

Points de procédure essentiels

Comprendre le déroulement concret de la procédure de divorce permet d’anticiper les délais et de préparer utilement son dossier. Voici les étapes et délais-clés applicables en 2026 devant le tribunal judiciaire compétent (notamment le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, de Tarascon ou de Nîmes selon le domicile des époux).

Compétence territoriale : En application de l’article 1070 du Code de procédure civile (CPC), le tribunal judiciaire compétent est, par ordre de priorité : celui de la résidence de la famille, celui du parent avec lequel résident les enfants mineurs, ou à défaut celui du lieu de résidence du défendeur. Cette règle conditionne le choix de la juridiction saisie et mérite d’être examinée avec attention en cas de résidences séparées.

Assignation et délai de comparution : Depuis la réforme introduite par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 et les décrets d’application de mai 2020, la procédure de divorce contentieux s’ouvre par une assignation en divorce délivrée par huissier de justice (désormais commissaire de justice). Le défendeur dispose d’un délai de comparution de quinze jours pour constituer avocat. Le juge aux affaires familiales (JAF) fixe la date de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires (OMP) lors de laquelle il statue sur la résidence séparée, la contribution aux charges du mariage et l’attribution provisoire du logement conjugal.

Mesures provisoires : L’ordonnance du JAF fixant les mesures provisoires (résidence séparée, attribution du domicile conjugal, pension alimentaire à titre provisoire, modalités d’exercice de l’autorité parentale) prend effet immédiatement et s’applique jusqu’au prononcé définitif du divorce. Elle peut être modifiée en cas de changement de circonstances. Pour les époux résidant dans les Bouches-du-Rhône ou dans le Gard, les délais d’audience au tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence ou à celui de Nîmes varient selon le niveau d’encombrement du rôle.

Pièces requises pour constituer le dossier de divorce : copie intégrale de l’acte de mariage (moins de trois mois), copies intégrales des actes de naissance des époux et des enfants communs, justificatifs de domicile, documents relatifs au régime matrimonial (contrat de mariage ou attestation de mariage sous régime légal), tout document établissant la composition du patrimoine des époux (relevés de compte, titres de propriété, évaluations immobilières), et avis d’imposition des trois dernières années pour le calcul de la prestation compensatoire.

Questions fréquentes

L’adultère commis pendant l’instance de divorce peut-il être retenu comme faute ?

En principe, l’adultère commis après la cessation effective de la communauté de vie n’est pas retenu comme faute au sens de l’article 242 du code civil. La jurisprudence de la Cour de cassation considère que le devoir de fidélité perd son effectivité morale dès lors que les époux sont séparés de fait. Toutefois, si la séparation de fait n’est pas établie, le risque juridique subsiste, en particulier dans un divorce pour faute déjà engagé.

Comment le juge calcule-t-il la prestation compensatoire pendant une instance de divorce ?

Le juge aux affaires familiales (JAF) apprécie la prestation compensatoire au regard des critères énumérés à l’article 271 du code civil : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualification professionnelle, disponibilité pour l’éducation des enfants, patrimoine respectif et droits prévisibles à la retraite. Il cherche à compenser la disparité créée par la rupture du mariage dans les conditions de vie respectives, sans toutefois égaliser les niveaux de vie.

Qui décide de la résidence des enfants pendant l’instance de divorce ?

Pendant l’instance de divorce, c’est le juge aux affaires familiales (JAF) qui fixe la résidence provisoire des enfants, les modalités du droit de visite et d’hébergement de l’autre parent, ainsi que la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants. Ces mesures provisoires sont fixées lors de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires (OMP) et peuvent être révisées si les circonstances changent avant le prononcé définitif du divorce.

La séparation de corps peut-elle se transformer en divorce ?

Oui. L’article 306 du code civil prévoit que chacun des époux peut demander la conversion de la séparation de corps en divorce après un délai de deux ans à compter du jugement définitif de séparation de corps. Cette conversion est de droit, sans qu’il soit nécessaire de justifier d’un nouveau motif. Elle présente un intérêt pour les époux dont la situation a évolué et qui souhaitent désormais dissoudre complètement le lien conjugal pour pouvoir se remarier.